Une photo qui sauve des vies!
ÉVELYNE L. BOUCHARD,
Nouvel Informateur Catholique, octobre 2002
La
main de l'espoir
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ichael Clancy est un homme transformé. Et ce
changement s'est opéré lors d'un incident survenu pendant qu'il
accomplissait son travail de photographe dans une salle d'opération. Il a reçu
un coup de main... d'une minuscule petite main!
Photographe-journaliste, pigiste
chevronné, Clancy a été engagé par la revue "USA Today" pour
photographier l'opération chirurgicale
d'un fœtus.
Dans la quarantaine, célibataire,
professionnel érudit affirmant qu'il a «une spiritualité mais n'est engagé
dans aucune religion particulière», Clancy se décrit lui-même comme
quelqu'un d'absolument en dehors de tout débat sur l'avortement.
«Je n'ai vraiment rien eu à voir avec quelque
débat que ce soit sur l'avortement et je n'ai jamais pris position sur
le sujet», a-t-il affirmé lors d'une
interview avec le «Tenessee
Register», journal catholique diocésain de Nashville (É.U.).
Mais quelque chose s'est produit le 19 août 1999, alors qu'il se
trouvait dans une salle d'opération, la caméra à la main, au Centre médical de
l'université de Vanderbilt .
La procédure chirurgicale
qu'il photographiait, ce matin-là, visait à corriger l'anomalie qu'on appelle
"spina bifida" (l'épine dorsale ne se ferme pas) sur un fœtus de 21
semaines de gestation.
Julie Armas, la mère de ce fœtus qui s'appelle désormais Samuel
Alexander Armas, une infirmière en obstétrique, avait entendu parler des
opérations remarquables que pratique le chirurgien Joseph Bruner, alors que
l'enfant est toujours à l'intérieur de l'utérus. Le médecin extirpe l'utérus du
ventre de la mère, fait une petite incision et peut ainsi opérer le fœtus.
«Quand l'opération a commencé, raconte Clancy, les
médecins ont fait une petite incision dans l'abdomen pour accéder à l'utérus
qu'ils ont sorti et placé sur la mère. Une autre incision a alors été pratiquée
sur l'utérus lui-même, mais le fœtus est demeuré à l'intérieur pendant
l'opération.
«C'est alors qu'un miracle s'est produit, poursuit
Clancy. Alors que le chirurgien terminait l'opération, il m'a questionné sur
la vitesse de mon film et m'a demandé Si j'avais saisi un mouvement. Personne
à ce moment-là ne touchait à l'utérus mais il bougeait. Tout à coup, l'enfant a
sorti un bras à l'extérieur, puis l'a rentré, ne laissant sortie qu'une
minuscule main. J'ai commencé alors à prendre des photos.»
Ce qui s'est passé par la suite continue toujours d'étonner
Clancy. «Le médecin s'est penché sur le fœtus et a soulevé la petite main.
Samuel Alexander a alors attrapé le doigt du chirurgien. Celui-ci a secoué
gentiment son doigt et le bébé l'a serré très fermement. Puis la main s'est
retirée à l'intérieur et le médecin a commencé à coudre l'incision pour
fermer l'utérus et compléter l'opération.
«Une infirmière m'a demandé ce qui s'était passé parce
que j'avais crié "Wow! stupéfiant!" continue Clancy. Quand je lui ai
dit ce que j'avais vu, elle a haussé les épaules et répondu: "Oh, ils
font ça tout le temps"».
Encore frappé par ce dont il avait été témoin, Clancy a fait
parvenir son film non développé à «USA Today». Plusieurs publications
exigent cette procédure afin de s'assurer qu'il n'y a pas de truquage opéré
sur les photos.
«Intérieurement, avoue Clancy, je me disais que dans tout
ce que j'avais vécu et accompli dans ma vie, cet événement était le plus
significatif»
Clancy ne savait toujours pas Si ses photos étaient bonnes. Il
n'était pas sûr d'avoir réussi à taire le focus... Tout s'était passé trop
rapidement. Dix jours plus tard, son éditeur l'appelait. «Il m'a dit alors que
c'était la photo la plus incroyable qu'il ait jamais vue», se rappelle
Clancy.
Cette photo maintenant célèbre, que l'éditeur a appelée La
main de l'espoir, est publiée sur plusieurs sites internet, avec ou sans la
permission de l'auteur, et affichée sur de nombreux babillards. Elle existe en
poster et apparaît également sur site internet de Clancy à www.michaelclancv.com
«Le lendemain de la publication de cette photo, dit
Clancy, un homme de Saint-Louis m'a appelé et m'a dit 'je dirige 14 centres
d'urgence (de détresse) pour femmes enceintes et je veux que vous sachiez que
votre photo sauve des vies'. Plusieurs personnes m'ont également envoyé des
courriels pour me dire que cette photo avait changé leur vie.»

Donna Thomas, directrice de «Caring Choices», de
Nashville a vu la photo sur le site Web de Clancy. «C'est drôlement
saisissant», s'est-elle exclamée. Cela renforce le concept qu'une grossesse,
c'est une vie qui se développe à l'intérieur de quelqu'un et que cette vie doit
être respectée et protégée.
Se qualifiant toujours de chercheur spirituel, Clancy affirme
que sa photo apporte une réponse à une importante question pour lui et pour
bien des gens: femmes enceintes, personnel de cliniques d'avortements, qui ont
à prendre des décisions de vie ou de mort.
«Cela a changé ma spiritualité, affirme le
reporter-photographe. Je sais maintenant, sans aucun doute, que Dieu se sert de
moi et que je dois faire circuler cette photo. Je ne me vois pas comme un
sauveur de vies, mais plutôt comme un messager qui doit faire savoir aux gens
ce qui s'est passé... dans un clin d'œil.»
Et qu'en est-il de l'enfant? Clancy nous apprend que «Samuel
Alexander Armas est né le 2 décembre 1999. Je l'ai vu alors qu'il n'avait que
deux jours, à l'hôpital d'Atlanta. Quand je l'ai regardé, j'étais étonné: il
était si parfaitement formé... un bébé normal, qui promenait sa tête de gauche
à droite comme s'il tentait de tout voir. Après ce que j'ai lu sur l'opération
qu'il a subie, je dis que c'est un miracle!»