"La grandeur de la vie ordinaire"

 

Mes amis,

Une prédication ayant pour thème "L'horrible nuit", m'a forcé à consulter et à lire la biographie de la bienheureuse Marie-Magdeleine Martiningo, une religieuse capucine du XVIIIème siècle. C'est la première fois de ma vie que j'ai de la difficulté à persévérer dans une lecture spirituelle. Cette bienheureuse naturellement est "de son époque" mais son itinéraire spirituel est déconcertant et absolument inaccessible. C'est une très grande sainte mais d'une sainteté qui effraie, qui nous plonge dans un océan de craintes... Si c'est cela la sainteté et bien j'avoue que pour ma part je dois y renoncer!

 

Avec les jours, l'étoile de notre siècle, la petite Thérèse de Lisieux a brillé à nouveau au ciel de mon espérance et à nouveau je veux être saint, vivre la plénitude de mon baptême sous le regard bienveillant du Visage de Jésus tout près de son Coeur. Thérèse nous enseigne une autre grandeur qu'on avait oubliée en mettant la sainteté dans les hauteurs inaccessibles aux gens ordinaires, à la plus grande partie du peuple de Dieu que nous sommes. Il y a la grandeur de la vie quotidienne vécue dans et par amour là où Dieu nous place dans sa sagesse infinie. Saint Paul nous dit que l'on peut livrer son corps aux flammes, donner tous ses biens, parler la langue des anges... mais que si nous n'avons pas l'amour cela ne sert à rien! L'originalité de la petite Thérèse c'est de mettre le focus sur l'Amour qui seul élève ce qu'on fait.

 

La sainteté à travers le travail quotidien. Devenir saint à l'usine, à l'hôpital, sur les bancs de l'école à la maison. Tendre de toutes nos forces à la "perfection de la charité" en accomplissant son travail, en assumant ses responsabilités. Ceci est possible car par le mystère de l'Incarnation, Dieu est entré dans l'histoire, dans notre histoire qui elle se conjugue au quotidien. Dieu embrasse l'histoire de tous les hommes et de tout homme. Jean Paul II affirme le 31 décembre 2001: "Dans l'insondable mystère de l'Incarnation, le temps atteint sa plénitude, le "pas encore" du temps, scandé par l'inexorable cours des jours, s'est mystérieusement uni au "déjà là" de la manifestation du Fils de Dieu".

 

Je cite pour terminer le texte du père Antonin Mortier, o.p. qui est l'auteur d'un vieux volume thérésien : "De la joie d'aimer Dieu selon l'esprit de sainte Thérèse" (1939). Dans ces lignes vous trouverez la beauté de notre vocation "au coeur du monde dans la simplicité du quotidien " Le titre de ce chapitre est: "Joie d'aimer Dieu dans les petites choses"

 

Prions les uns pour les autres,

Jacques Théberge, I.V. Dei