BOULEVERSÉS PAR UN VISAGE !
Frères et sœurs unis par le même Visage.
Nous
avons la grâce, vous et moi de connaître et d'aimer la Sainte Face de Jésus. C'est
la plus merveilleuse trace visible laisse par le Seigneur pour soutenir les
disciples d’après l’événement Jésus-Christ.
Visage
qui nous livre les secrets du Cœur adorable de Jésus et Visage qui nous
retourne … notre cœur, là où tout se passe en vérité... I1 y a tout un
enseignement à puiser dans ce Visage divin. Le saint Père l'a fait de façon
magistrale le 24 mai dernier lors de son passage à Turin. Je vous invite … vous
procurer le texte de son homélie et le méditer longuement devant la Sainte-Face.
Deux
vérités se découvrent devant la Figure du Christ. Le PECHEUR est face à son
REDEMPTEUR. Dans le silence on est comme saisi par une réalité qui pourrait
nous écraser si elle n'était immédiatement éclairée par son contre poids. Le
Saint-Suaire est l'image du péché des hommes, cause ultime de la mort du
Christ. "La contemplation de ce Corps martyrisé‚ aide l'homme contemporain
à se libérer de la superficialité et de l'égoïsme avec lesquels il traite très
souvent l'amour et le péché." ( Jean-Paul II )
C'est
devant ce Corps martyrisé‚ horriblement meurtri, que nous découvrons également
l'amour de Celui qui "a tant aimé‚ le monde qu'Il a donné‚ son Fils
unique." (Jean 3,16 )
La
contemplation de la Sainte-Face permet d'imprimer dans notre esprit ce Visage
de l'AMOUR REDEMPTEUR afin d'exclure de nos vies la terrible réalité du péché.
Le pape écrit : " CROIS A L'AMOUR de Dieu, le plus grand trésor donné à
l'homme, et FUIS LE PECHE, le plus grand malheur de l'histoire."
Notre siècle
banalise le mal et l'élève même au rang de la vertu. On parle même de
"petits péchés mignons. "Quand on regarde ce Corps martyrisé de
Jésus, comment peut-on trouver que le péché, si petit soit-il puisse être
"mignon". Tout péché est horrible ! La médiocrité est devenue la
maxime à la mode, comme une nouvelle vérité."On ne peut tout de même pas
être parfait que voulez-vous ! " Vérité ou lâcheté de notre part ?
Quand
je contemple la Sainte Face, je suis porté à croire que c'est une lâcheté, une
démission déplorable. Un péché est toujours grave finalement même si on
l'appelle VENIEL. Aurait-on perdu la délicatesse de l'amour ? Je crois que oui
et la raison en est simple : on a exclu Jésus CRUCIFIE du paysage. Pas
surprenant que la Sainte Face déclenche tant de débats. Ils ne sont pas
scientifiques dans le fond puisque de ce côté, il est évident que le suaire est
authentique. On se sert de l'excuse scientifique pour ne pas devoir faire face
à ce Visage bouleversant.
Avons-nous
sérieusement pesé‚ les conséquences de toutes nos petites infidélités sur
l'ensemble du CORPS MYSTIQUE ? Y réfléchir fait peur mais c'est salutaire. Une
prise de conscience conduit souvent à une démarche de conversion, à un nouveau
départ !
Dans
une entrevue, Mme Françoise B. Saulnier, Responsable juridique de Médecins sans
Frontières, disait ceci:
"
Pour fabriquer une guerre et un génocide, il a fallu beaucoup de petites
lâchetés. Ma prise de conscience s'est faite au Rwanda où je suis allée pendant
deux ans. Comment fabriquer un million de cadavres sans que personne ne se
sente responsable ? " (Prier-juin 99)
Nous
connaissons tous l'adage qui dit : "Une âme qui s'élève, ELEVE LE MONDE
" Il nous faut réaliser que le
contraire est lui aussi véridique. Chaque fois qu'un "petit péché
mignon" s'inscrit dans notre quotidien volontairement, nous participons à
la déchéance du monde. La Sainte-Face contemplée nous le redit non pour nous
écraser, nous culpabiliser, mais pour nous inviter à l'AMOUR, nous inciter à
suivre Jésus, Rédempteur du monde et à devenir
CO-Rédempteurs (trices) en Lui et par Lui. Celui qui nous fait
comprendre la gravit‚ du péché c'est LE CRUCIFIE. Celui qui nous dynamise sur
le chemin de la sainteté‚ c'est LE CRUCIFIE. Celui qui nous libère de nos
lourdeurs et de nos tiédeurs, c'est LE CRUCIFIE, En Lui SEUL est la sainteté‚
et le salut. Tout le reste nous a conduit à la situation où notre société se
trouve actuellement. Il serait temps de nous ouvrir les yeux, Pourtant notre
siècle a reçu le don de LA SAINTE-FACE du SAUVEUR.
Le
Visage du Christ garde notre esprit en suspense et I1 nous invite à rester en
éveil. N'oublions pas que la devise des A.S.F. est "VIENS SEIGNEUR
JESUS" La Sainte-Face nous redit sans cesse : « Pense, prie, agit
pour la justice (sainteté) et tu seras un artisan de paix. » C'est à cette
béatitude que Jésus attache cette promesse merveilleuse : « ILS SERONT
APPELES FILS DE DIEU ». On devient fils et filles de Dieu en écoutant et
en contemplant LE FILS UNIQUE, Jésus. La Sainte-Face garde pour nos yeux et
notre cœur, les traits humano-divins du Bien-Aimé de Dieu.
Dans
les écrits de saint Vincent-de-Paul nous lisons ces lignes merveilleuses :
« Ah
! que le Fils de Dieu était tendre ! On l'appelle pour voir Lazare : il y va ;
Madeleine se lève et vient au devant en pleurant (...) les Juifs la suivent,
qui pleurent aussi ; chacun se met à pleurer. Que fait notre Seigneur ? Il pleure avec eux, tant il est
tendre et compatissant. C'est cette tendresse
qui l'a fait venir du ciel ; il voyait les hommes privés de sa gloire ;
il fut touché de leur malheur. Nous devons de même nous attendrir sur notre
prochain affligé et prendre part à sa peine. (...)
Tous
les hommes composent un corps mystique ; nous sommes tous membres les uns des
autres (...). Tous nos membres ont tant de sympathie et de liaison ensemble que
le mal de l'un est le mal de l'autre. A plus forte raison, les chrétiens étant
membres d'un même corps et membres les uns des autres, se doivent-ils de
compatir. Quoi ! être chrétien et voir son frère affligé, sans pleurer avec
lui, sans être malade avec lui ! C'est être sans charité ; c'est être
peinture. »
La
Sainte-Face nous lance sur les flots de la charité, de l'amour. Ce n'est pas
une dévotion où on se contente d'un regard ému posé sur une image inerte. C'est
la découverte bouleversante que le Visage du Christ est palpable et toujours
vivant, qu'Il est à proximité et qu'il nous est possible d'exercer l'office de
sainte Véronique plusieurs fois chaque jour... Je termine cette méditation un
peu plus longue qu'à l'habitude par ces textes qui vous plongeront au cœur de
notre charisme A.S.F. « BATIR UNE CIVILISATION DE L'ETRE ET DU
VISAGE »
A vous
dans le Seigneur et Notre-Dame,
Jacques
Théberge, I.V.Dei
Seigneur, passez à travers moi
Seigneur, Seigneur, au moins que cette
écorce ne vous soit pas un barrage. Passez.
Mes yeux, mes mains, ma bouche sont à vous.
Cette femme si triste en face de moi :
voici ma bouche pour que vous lui souriiez.
Cet enfant presque gris tant il est pâle :
voici mes yeux pour que vous le regardiez.
Cet homme si las, si las, voici tout mon
corps pour que vous lui laissiez la place, et ma voix pour que vous lui disiez
très doucement : « Asseyez-vous. »
Ce garçon si fat, si bête, si dur, voici mon
cœur pour que vous l’aimiez plus fort qu’il ne l’a jamais été…
Là où il n’y a pas d’amour, si on met
l’amour, on recueille l’amour.
Madeleine
Delbrêl, « Nous autres gens des rues », Seuil 1966.
Donne-moi quelqu’un
Quand
j’aurai faim, donne-moi quelqu’un à nourrir.
Quand j’aurai soif,
donne-moi quelqu’un à abreuver.
Quand j’aurai froid,
donne-moi quelqu’un à couvrir.
Quand j’aurai envie de
pleurer, donne-moi quelqu’un à consoler.
Quand j’aurai mal,
donne-moi quelqu’un à soigner.
Quand j’aurai envie d’être
seul, donne-moi quelqu’un à visiter.
Car
c’est un plus malheureux que moi,
Un plus pauvre que moi, un
plus petit que moi,
Qui me fait oublier ma faim, ma soif et ma
souffrance.
François Lefort, Prêtre et médecin humanitaire.